CE QUE JE RACONTERAI A TATI LUNDI de Marie-France Siegler-Lathrop

Madame, Monsieur,
Nous avons le plaisir de vous annoncer l’édition du livre : 

 CE QUE JE RACONTERAI À TATI LUNDI 
de Marie-France Siegler-Lathrop 

Descriptif de l’ouvrage :
Un livre de : 250 pages environ 
Format : 15,5 cm x 24 cm ( à la Française ) - Façonnage : Dos carré collé
couverture souple 300g.


Le prix du livre est fixé à 26.00€, plus les frais de port 4.50€, soit au total 30.50€.
Pour les États-Unis  et le reste du monde les frais de port sont de  9.00€, soit prix du livre : 35,00€.
Pour la France vous pouvez le commander, sur le site : www.tracetavie.com
Pour les États-Unis et le reste du monde, demandez un RIB/IBAN à l’éditeur,
pour faire un virement.


Ou envoyer un chèque à l’ordre de l’éditeur à l’adresse suivante :
Éditions Jean-Jacques Wuillaume, lieu dit : Pichou
24130 Monfaucon - France


La livraison de votre livre se fera durant le mois d’avril 2018.
Merci de bien préciser l’adresse de livraison.
Pour tout renseignement complémentaire appelez le 06 70 37 23 91
ou contactez nous par mail : wuillaume.jeanjacques@gmail.com

Note de l’auteur :

CE QUE JE RACONTERAI À TATI LUNDI
     Ma rencontre avec Jacques Tati, suivie de dix-huit ans de collaboration, est certainement le point fort de ma vie. 
     Je pense que toute ma vie a été « guidée » vers cette rencontre. Je suis née en Dordogne, à Pecany, château de famille entouré de tilleuls et de poésie. Les circonstances étaient la guerre avec tous ses bouleversements, déménagements, ruptures, etc. 
S’ensuivit le divorce de mes parents, le remariage de ma mère avec un Américain d’Alabama, et l’épopée USA-une vingtaine d’années. Grâce à la grande liberté des écoliers américains, j’ai commencé, très jeune, à faire du théâtre avec un groupe d’amies. À dix ans, je menais déjà ma troupe.
     Nous habitions le Sud, et j’ai vite été confrontée au racisme et aux préjugés. Cela m’a marqué. À l’université, j’ai pu continuer à faire beaucoup de théâtre, mais la mise en scène ne suffisait pas. Je voulais écrire. Étant bilingue, je n’étais pas satisfaite de mes textes j’ai, donc, écrit une pièce de théâtre en pantomime, avec des effets sonores, des couleurs, de la musique. C’était presque du cinéma.
 Ma pièce, Others, I Am Not the First, a eu beaucoup de succès dans le public universitaire de Harvard/Ratcliffe où je l’avais montée, et quelqu’un m’a proposé de la filmer. J’ai préféré écrire un vrai film, que nous avons ensuite tourné. J’étais mordue. Peu de temps après, je suis rentrée en France. Là, je cherchais à retravailler le montage du film, et j’ai abouti à la Garenne-Colombes aux Studios de Sonorisation S.I.S où Jacques Tati avait ses bureaux. 
Tati appréciait et défendait toujours les jeunes, et je n’ai pas eu de difficulté à avoir un rendez-vous. Dès cette première rencontre, nous avons parlé de cinéma, de mes projets, de mes idées, comme deux gamins complices. Il m’a recommandé de ne pas rentrer dans le monde du cinéma mais de faire mes films toute seule. Au moment de se quitter, il m’a demandé si je connaissais des Américains, pour figurer dans son film en préparation TATI 4, qui est devenu  PLAYTIME. Dans un excès d’optimisme, ou de culot peut-être, j’ai dit que j’en connaissais plein. « En Amérique, oui bien sûr... ». Toujours est-il que je me suis débrouillée et j’ai trouvé une douzaine d’Américaines. Et Tati m’a engagée. Le lendemain, on me donnait une liste de figurants à trouver « dans la rue ». À vingt-quatre ans, je faisais le casting de Jacques Tati ! J’ai continué à travailler comme stagiaire sur PLAYTIME, puis comme première assistante sur TRAFIC et PARADE. Pendant ce temps, je faisais des courts métrages. 
     L’année de sa mort ( 1982 ) je tournais sur un terrain vague, l’histoire d’un arbre, et il était venu me voir. Il m’a proposé une scène que j’ai rajoutée au film. De mon côté, pendant le tournage de PARADE, je lui avais donné une idée de gag, qu’il a retenue et réalisée. À chaque projection du film, notamment à l’étranger, Tati m’appelait pour me dire « Ils ont ri à votre gag ». Nous vivions tellement dans cette recherche du gag, et souvent pendant le week-end quand je voyais dans la rue une scène humoristique, je la notais dans mon calepin à la rubrique  « ce que je raconterai à Tati lundi ». Je le fais encore aujourd’hui. 
     Le soir de la mort de Tati, le plus gros chêne de Pécany est tombé. Le temps a passé, ma vie s’est déroulée avec ses hauts et ses bas. J’ai fait un long-métrage, toute seule comme l’aurait approuvé Tati, car comme lui, j’ai tenu à garder mon indépendance artistique, dont il disait : « artistic control ». 
     Mon film s’appelle LE FIL INVISIBLE : La progression vers la maturité d’une très jeune fille qui, suite à l’accident tragique de son amoureux, a une approche de la spiritualité. 
     Nous parlions souvent de la mort avec Tati, et je lui disais  « Nous serons toujours reliés par un fil invisible, qui va de là jusque-là », tout en faisant le geste de mon cœur à son cœur. 

Marie-France Siegler-Lathrop
Souscription 30,50€ TTC